Fashion Week

Les adieux folie de Jean Paul Gaultier


Au Théâtre du Châtelet, en présence de ses amis de la musique, de la création et de la télé, dans la salle et comme sur la scène. Mercredi soir, le (grand) enfant terrible de la mode faisait ses adieux à la haute couture lors d’un spectacle bouleversant de beauté. Après cinquante ans de carrière, Jean-Paul Gaultier a fait ses adieux au monde de la mode mercredi 22 janvier au théâtre du Châtelet à Paris. De nombreuses personnalités ont défilé pour l’occasion.

JP

Jean Paul Gaultier présentait, mercredi 22 janiver au Théâtre du Châtelet, sa dernière collection de haute couture, lors d’un show spectacle inoubliable. Francesco Gili/Jason Lloyd-Evans

Ironie de l’histoire, alors que Cristobal Balenciaga fermait brutalement sa maison en 1968, renonçant à la haute couture en déclin face à l’essor du prêt-à-porter, un jeune banlieusard venait de trouver sa vocation en découvrant Falbalas, de Jacques Becker, à la télévision. En 1970, il faisait ses premiers pas chez Pierre Cardin ; quatre ans plus tard, il lançait une collection à son nom, Jean Paul Gaultier, hissant sur le podium la rue et la diversité. La suite, on la connaît. Mondialement célèbre pour ses costumes de scène, ses parfums et leurs publicités, ses apparitions à la télé, il décide à 45 ans de lancer sa haute couture, qu’il avait participé, sans le vouloir, à ringardiser. À partir de 2014, il s’y consacre pleinement après avoir raccroché le prêt-à-porter dont il ne supporte plus la mainmise du marketing et le rythme insoutenable des collections. Cette Fashion Week de la haute couture restera dans les mémoires, à deux égards. Lundi matin, elle commençait par l’annonce surprise du retour de la maison Balenciaga en couture. Mercredi soir, elle s’achevait avec le dernier défilé de Jean Paul Gaultier. L’un revient, l’autre s’en va, la symbolique est belle tant ces deux monstres sacrés ont rayonné, chacun à leur façon, sur un siècle de création. La marinière est une marque de fabrique du créateur, qui lui est inspirée par ses vêtements d’enfance. Le pull de matelot devient un élément du vestiaire unisexe et se décline dans les défilés en T-shirt court, en robe longue… Les créateurs Pierre et Gilles immortalisent le couturier vêtu de son vêtement fétiche, un bouquet de marguerites à la main. Le couturier décline aussi le maillot sur le flacon en forme de buste du parfum « Le Mâle », sorti en 1995. MICHEL DUFOUR / FRENCH SELECT

 

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Dita Von Teese Isidore Montag/IMAXTREE

Le premier incarnait l’aristocratie du métier, le second a été et reste le designer le plus populaire, et de loin, dans l’Hexagone, voire en Europe. Il était aussi le dernier représentant en activité des années 1980, âge d’or de la scène mode française. Karl Lagerfeld et Azzedine Alaïa nous ont quittés. C’est donc un cycle qui s’achève. Est-ce que dans un demi-siècle un successeur désigné relancera la couture de Gaultier comme c’est aujourd’hui le cas pour Balenciaga? Nul ne le sait, mais l’histoire se souviendra de ces deux personnalités, de l’Espagnol comme du «couturier des couturiers», du Français comme «l’enfant terrible de la mode». Thierry Mugler et Kenzo Takada ont renoncé à ce métier, il y a bien longtemps, Montana est aux abonnés absents… Le plus jeune d’entre eux tire donc sa révérence mais nous promet d’autres rendez-vous – on ignore encore ses projets (sans doute une exposition avec la Cinémathèque de Paris).VV

 

C’est un corset de sa grand-mère qui donne à Jean Paul Gaultier le goût pour ce dessous. Il commence à acheter des bustiers aux seins coniques dans les magasins et les décore de croix militaires. Puis les confectionne dès 1980 et les transforme en vêtements. Quand Madonna lui demande de créer les costumes de scène pour sa tournée « Blond Ambition Tour » en 1990, le corset rose aux seins pointus porté par la star devient un hit mondial. Il continuera à habiller la chanteuse : sur le MDNA Tour à Londres, en juillet 2012, elle porte un costume noir aux seins cônes. KEVIN MAZUR / WIREIMAGE

Le bal est ouvert

Avant-hier, dans un Théâtre du Châtelet en ébullition, une grande part des invités disaient autant au revoir au couturier qu’à leur jeunesse et à une certaine idée de la mode, avant la mondialisation, avant les groupes de luxe. Entre les travées, les ouvreuses distribuent le programme démarrant sur un mot du maestro: «Cinquante balais, du balai! (…) Ce soir, vous voyez ma première collection haute couture upcycling. J’ai ouvert tous les tiroirs, j’ai récupéré toutes mes anciennes collections, tout ce que j’ai chiné en voyages ou aux puces, pour en faire des confettis et les réutiliser (…). Adieu le flambant neuf, bonjour le flambant vieux! (…) Quand on sait la regarder, il y a de la beauté partout. Elle n’est pas unique, elle est multiple. J’observe toujours, partout, je ne peux pas m’en empêcher, c’est pour ça que je ne conduis pas en fin de compte! Tout m’inspire. Et ça va continuer avec de nouvelles aventures, le meilleur est devant. Merci pour ces cinquante premières années, et amusez-vous!» Avant que le spectacle ne commence, il est déjà dans la salle avec Carla Bruni, Pierre & Gilles, Line Renaud, Inès de la Fressange, la dernière Miss France, Nana Mouskouri, Mondino, Nikos Aliagas, Nicolas Ghesquière, Laetitia Casta… Ceux qui manquent à l’appel seront bientôt sur les planches.

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Dernière collection haute couture Gaultier Paris été 2020. Isidore Montag/IMAXTREE

Jean-Paul Gaultier porté en maître de la mode. Mercredi 22 janvier, au théâtre du Châtelet, le créateur a fait ses adieux au podium en présence de nombreux artistes, tels que Boy George ou Mylène Farmer. Avec humour, il a présenté ses créations fétiches. Au total, 200 mannequins ont défilé pour l’événement et parmi eux, Rossy de Palma, Béatrice Dalle, des personnalités attachées au style transgressif du styliste. « C’est quelqu’un d’infiniment généreux, ouvert, attentif, drôle« , estime Antoine de Caunes. Dans les coulisses, on observe de la joie, mais aussi de la tristesse.

D’autres projets en préparation

Anticonformiste, Jean-Paul Gaultier a eu l’art de sublimer toutes les formes, toutes les tailles, toutes les beautés, et toujours avec humour. À 67 ans, l’agitateur de la couture tire sa révérence sur les podiums, mais il assure avoir d’autres projets.

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