l’avenir de la femme est le transgenre


La Sécurité Sociale discrimine. Les hommes des femmes, par l’usage funeste d’un petit chiffre qui spécifie le sexe du propriétaire de chaque Carte Vitale. Traditionnellement, 1 pour ces messieurs, 2 pour ces dames.

Il n’en fallait pas plus pour réveiller la conscience de Chris Blache, auteur d’une tribune coup de poing ce matin dans Libération, qui se présente comme une « ex-conseillère d’Eva Joly » et « activiste du groupe féministe la Barbe », exhortant les pouvoirs publics de « supprim(er) le 1 et le 2 dans le numéro de Sécu ». Pour les fieffés réactionnaires et autres phallocrates incultes qui lisent ces lignes, précisions que La Barbe est un groupe d’action directe féministe qui s’est fait connaître par de courageux faits d’arme, consistant à envahir des lieux de réunion machistes en arborant de fausses barbes sur leur ravissants minois. Un gang des postiches progressiste, youpi !

En déconstructeurs compagnons de route de la marche du Progrès, soutenons nous aussi l’idée que Masculin-Féminin n’est que le titre d’un film de Godard – qu’une commission culturelle assermentée devra d’ailleurs réexaminer sans complaisance, puisque « nos identités dépassent (…) largement ces deux catégories et ne sont conditionnées à notre sexe, que par des habitus, voire des diktats dont il s’agit de se débarrasser urgemment ». En un mot comme en cent, comment ne pas adhérer au mot d’ordre final de Chris Blache : « nous sommes toutes et tous des 3 » ?

Au milieu de sa prose délicate, Chris Blache nous apprend « la création récente d’un chiffre 3 pour représenter les identités transitoires », manifestation salutaire de l’intégration de la culture LGBT au sein même de la solidarité mutualiste. Nous voilà rassurés. Mais la pérennité des chiffres 1 et 2 sur les cartes de Sécu perpétue une stigmatisation sexuelle inacceptable, construite sur le modèle d’une famille patriarcale, vecteur d’une « histoire de domination » de Néandertal à DSK.
Hélas, la Sécurité Sociale n’est pas seule coupable. Combien d’individus potentiellement asexués, libres et jouisseurs se définissent quotidiennement par leur sexe ? Aussi longtemps que le 1 et le 2 sont dans les têtes, « la formalisation de ces normes continue à faire obstacle à une transformation sociétale pourtant en marche depuis la fin des années 50 ». C’est bien le problème.

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