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LE SYNDROME DE LA FEMME TOXINE


Le phénomène est pris très au sérieux par la médecine. Il semblait avoir disparu, le choc toxique lié aux règles redevient source d’inquiétude. Une femme en est morte récemment. D’autres ont dû subir des amputations. Décryptage avec un spécialiste.

Pourquoi on en parle ?

Le syndrome du choc toxique (STC), Gérard Lina, chef du Laboratoire de Bactériologie et des Mycobactéries du CHU de Lyon, désigné Centre national de référence des staphylocoques, le surveille depuis bien longtemps. Maislors d’une récente étude, lui et ses collègues se sont aperçu d’une « réelle cassure », dit-il. « La maladie réaparaît en France », révèle-t-il.

Le phénomène avait fait parler de lui outre-Atlantique dans les années 1980. « Une énorme épidémie comptant plus de 800 cas à cause d’un tampon hygiénique bien particulier », se souvient-il. Celui-ci avaitété retiré dumarché et, de ce fait, le syndrome s’était dissipé avant de faire sa réapparition dans les années 2000, aux États-Unis, toujours, mais aussi chez nous.

Depuis elle ne cesse de croître en France : cinq cas déclarés en 2004 contre dix-huit à l’heure actuelle. Une Française est morte, d’autres ont été amputées. Le professeur tire la sonnette d’alarme : « Nous amenons des jeunes femmes en pleine santé en réanimation : le phénomène est à prendre très au sérieux ! »

Le tampon hygiénique est-il en cause ?

Ce phénomène justement, parlons-en. Des jeunes femmes, utilisatrices de tampons lors de leurs menstruations, sont touchées par ce syndrome. Pour autant, ce serait un très mauvais raccourci de penser que la toxine en question vient du tampon. « La maladie est causée par des toxines produites par une bactérie, le staphylocoque doré (staphylococcus aureus), dont quelques femmes sont porteuses, exposeGérard Lina. Tous les staphylocoques dorés ne sont pas toxiques. Seuls ceux qui produisent une toxine bien précise, la TSST-1 (Toxic shock syndrome toxin-1), le sont. »

La majorité des femmes s’immunisent contre cette toxine naturellement, de par leurs anticorps, d’autres non. « En France, 4 % des femmes sont porteuses du staphylocoque doré. Parmi elles, seul 1/5produit la TSST-1. Au total, on estime donc qu’environ 1 % des femmes peuvent être potentiellement touchées par le syndrome du choc toxique », signale-t-il.

Le rapport avec les tampons, me diriez-vous ? Le vagin n’est pas une muqueuse stérile, il est composé d’innombrables bactéries. Lorsqu’une femme a ses règles, et qu’elle utilise des tampons, explique le professeur, « le sang des menstruations éliminé va être bloqué à l’intérieur de son vagin et va s’accumuler au chaud. Les bactéries vont alors se multiplier. » Parmi elles, cette fameuse bactérie, le staphylocoque doré. Elle peut, à ce moment, produire la « méchante » toxine, la TSST-1, « qui passera ensuite dans le sang par la muqueuse ».

Comment se protéger ?

« Il faut éliminer ce flux vaginal à l’extérieur et non le conserver à l’intérieur du vagin », aviseGérard Lina. Il vaut donc mieux porter des serviettes hygiéniques. « Ainsi la bactérie ne pourra pas passer dans le sang par la muqueuse » Il en est de même pour le stérilet, selon lui, puisqu’il n’est pas placé dans le vagin, mais dans l’utérus.

« Je ne dis pas pour autant que le tampon est à bannir totalement, tempère-t-il. Il y a tellement de facteurs à prendre en compte : « la composition du tampon, la marque, mais aussi son utilisation. » Certaines femmes gardent, par exemple, le même tampon la journée entière quand il est conseillé de le changer toutes les quatre heures pour éviter la prolifération des bactéries.

Utilisation, composition, beaucoup de questions restent encore en suspend. Voilà pourquoi Gérard Lina et ses confrères du Laboratoire de Bactériologie et des Mycobactéries du CHU de Lyon ont très récemment organisé une collecte de tampons usagés. « L’engouement des femmes a été colossal, nous croulons sous les demandes. Nous renouvellerons peut-être l’expérience dans le futur. »

Objectif de la collecte : « Analyser si le staphylocoque doré se développe de la même manière sur toutes les marques de tampons et si l’un est davantage producteur de toxines TSST-1 », déclare-t-il. Savoir également précisément quelles sont les autres bactéries présentes dans le vagin lors des menstruations et comment elles vont se poser sur le tampon.

Doit-on s’inquiéter ?

Difficile de savoir si nous faisons partie, ou non, des raresfemmes qui peuvent potentiellement être touchées par le syndrome du choc toxique puisque les signes peuvent être assimilés à un début de gastro-entérite : « de la fatigue, des douleurs musculaires, des maux de tête, de la diarrhée, une baisse de tension », énumère Gérard Lina. Toutefois, un synptôme peut vous alerter. « On devient rouge, explique-t-il. Comme si on avait pris un coup de soleil ». Alors si vous rougissez, surtout pendant vos règles, n’hésitez pas à consulter pour, au moins, vous rassurer.

Est-il possible que des produits ou des substances chimiques contenus dans les tampons soient en cause ?

Non. Les preuves scientifiques sont claires : la rayonne et le coton, les principaux composants des tampons, sont des produits pareillement sûrs, qui sont utilisés dans les tampons depuis des dizaines d’années. Et si des traces de certaines substances ont été détectées de temps en temps dans certains tampons au fil des années, les quantités sont négligeables et n’ont jamais été associées au risque de SCT.La chose la plus importante est de se concentrer sur l’éducation au SCT. Il est essentiel d’éduquer les femmes pour qu’elles sachent comment réduire le risque de SCT, comment reconnaître les symptômes et ce qu’il convient de faire si elles pensent être à risque.

Un documentaire diffusé mardi sur France 5 a donné la parole à des femmes victimes d’un choc toxique.

Le documentaire Tampon, notre ennemi intime, qui a été diffusé mardi 25 avril sur France 5, s’ouvre sur le témoignage de Margaux, qui a « frôlé la mort ». Il y a trois ans, l’infirmière de 23 ans a été victime d’un syndrome du choc toxique (SCT), provoqué par l’utilisation d’un tampon hygiénique.

Epuisement brutal, forte fièvre, vomissements… Justine a souffert des mêmes symptômes. Psychanalyste de 26 ans, elle a raconté à la réalisatrice Audrey Gloaguen vivre « dans l’angoisse d’une récidive ». Perte de cheveux, problèmes cardiaques… La jeune femme garde de graves séquelles de son infection.

Aux Etats-Unis, Lauren Wasser, une mannequin de 24 ans, qui a porté plainte contre une marque de tampons, a dû quant à elle être amputée d’une jambe après avoir fait un choc toxique.

Cette maladie avait disparu. Son retour, lié à l’utilisation de tampons, soulève des interrogations.

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LE SYNDROME DE LA FEMME TOXINE


Le choc toxique peut potentiellement toucher 1 % des femmes, celles qui sont porteuses du staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) dans leur vagin. « Le fluide menstruel est bloqué, il va rester au chaud, expliquait dans nos colonnes le professeur Gérard Lina, microbiologiste spécialiste du SCT, qui intervient aussi dans le documentaire. C’est donc un milieu de culture formidable, et s’il y a cette fameuse bactérie, elle va se mettre à produire une toxine (TSST-1) qui va passer dans le sang. » D’où l’importance d’éviter de garder un tampon plus de quatre heures. Les patientes risquent la mort si la maladie n’est pas prise en charge rapidement.

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