La mode italienne la fashion week surmonte la crise du Covid-19 grâce au numérique


La Chambre Nationale de la Mode Italienne (CNMI) lance sa première Fashion Week numérique à Milan, du 14 au 17 juillet. Grâce à cette initiative forcée par l’actualité, les professionnels du secteur pourront profiter des événements de mode et des opportunités business qui s’y présentent malgré la crise sanitaire en cours.

En 2020, le digital devient la norme dans le secteur

Le célébrissime événement aura lieu en streaming et sous le nom de Milano Digital Fashion Week. La Chambre de la mode proposera une plateforme numérique avec photos, vidéos, interviews et coulisses de la création, organisées selon des créneaux pour chaque marque, dans le but de créer un programme varié et utilisable par tous les opérateurs du secteur. Le calendrier sera ensuite enrichi de contenus supplémentaires tels que des webinaires, des lectio magistralis avec des personnalités de la mode ou encore des performances artistiques en direct.

La solution digitale, qualifiée par Carlo Capasa de « réponse concrète au moment que nous vivons », devient incontournable pour la survie du secteur du luxe, qui pâtit énormément de la situation mondiale. Déjà en février, la Chambre de la mode italienneavait lancé « China, we are with you », une campagne de solidarité en ligne, qui palliait l’absence d’acheteurs et de presse à Milan pour la Fashion Week féminine. Le projet avait permis de rassembler plus de 25 millions de personnes.

Le président de la Chambre, Carlo Capasa, s’est exprimé : « En cette période d’adversité, il est essentiel de permettre à toutes les entreprises de présenter leurs collections (…) lors de la Digital Fashion Week en juillet. Notre objectif est à la fois de soutenir le redémarrage de toute l’industrie de la mode et de toucher les médias, les acheteurs, et toute la communauté de la mode avec un large éventail de contenus ». Ainsi, la Milano Digital Fashion Week sera disponible sur tous les réseaux sociaux de la CNMI : cameramoda.it, Instagram, Twitter, Weibo, Facebook, Linkedin et Youtube.

Actualité : la propagation du Covid-19 a soulevé des questions sur la façon dont les chaînes d’approvisionnement, d’Apple à Tesla, peuvent mieux s’isoler contre les perturbations généralisées. D’après Vogue Business, les dirigeants du secteur du luxe se préparent à une baisse des ventes de 40 milliards de dollars cette année. 

Cet été, la Fashion Week de Paris aura aussi lieu sur Internet, du 9 au 13 juillet. « Le principe du calendrier officiel est maintenu », a communiqué la Fédération de la haute couture et de la mode.

Comme beaucoup d’autres secteurs, celui des produits de luxe, qui représente 320 milliards de dollars, est assailli par l’incertitude quant à la durée des effets du coronavirus. De nombreux distributeurs affirment qu’ils suivent de près la situation. « L’épidémie du Covid-19 a déjà eu un impact négatif sur l’industrie du luxe », d’après Fflur Roberts, responsable du luxe chez Euromonitor International. « Les entreprises de luxes comme Burberry, Tapestry et Capri ont déjà revu à la baisse leurs prévisions de ventes pour 2020. »

La fin du mois de la mode a été marquée par des inquiétudes grandissantes quant à la propagation du virus en Europe. Certains rédacteurs ont quitté plus tôt que prévu la semaine de la mode à Paris. Le défilé de Giorgio Armani s’est déroulé dans une salle vide et a été diffusé en ligne. 

Honor Strachan, un analyste du commerce de détail chez GlobalData, affirme que même si les marques peuvent être être isolées dans l’immédiat, si la crise de santé publique se poursuit, elle pourrait avoir des effets négatifs sur les niveaux de production, jusqu’à l’automne et pendant les fêtes de fin d’année.

« Les marques qui s’approvisionnent en Italie, mais qui fabriquent ailleurs, examineront les possibilités avec de nouveaux fournisseurs. Mais il s’agit d’un vrai défi, étant donné le contrôle de la qualité et la dépendance à l’égard des fournisseurs pour maintenir les normes des produits. Surtout si la marque s’appuie sur l’héritage et l’artisanat italiens », a déclaré Strachan. « Cependant, on pense que les marques auraient dû prévoir des réserves suffisantes dans leur chaîne d’approvisionnement pour compenser les perturbations à court terme. »

Quelles seront les marques les plus impactées ? Certaines des plus grandes marques italiennes du moment. Stratchan déclare : « Les marques nationales seront les plus touchées, étant donné l’attrait touristique que représente l’achat des marques italiennes, lors d’un séjour en Italie. Prada SPA, Giorgio Armani, Valentino et le groupe Kering, qui possède des marques patrimoniales italiennes telles que Gucci, Bottega Veneta & Pomellato, subiront une baisse de leurs ventes au premier semestre 2020. 

Selon Roberts, l’Italie est le cinquième plus gros marché mondial pour les produits de luxe personnels (les articles en cuir dominent les ventes). En 2018, les acheteurs chinois représentaient un tiers des achats de produits de luxe, selon Bain & Company. 

Ce qu’il faut suivre de près : les résultats financiers des entreprises italiennes de produits de luxe Prada et Salvatore Ferragamo, à la fin du mois. 

L‘impact immédiat sur les chaînes d’approvisionnement dépendantes de l’Italie devrait être faible, compte tenu de la longueur des délais et de leur dépendance à l’égard « des lignes de continuité et de base, dont ils auront un stock plus important. »

En chiffres : AP rapporte que l’économie italienne devrait diminuer d’au moins 0,3 % ce trimestre. Les industries clés, comme le tourisme, les loisirs et le luxe, ont vu leur demande s’affaiblir, alors que davantage de personnes travaillent à domicile. Plusieurs compagnies aériennes, européennes et américaines, ont annulé les vols vers l’Italie. Le confinement de la totalité de ses 60 millions d’habitants comprend l’interdiction de tout voyage non-essentiel à l’intérieur du pays. Au début du mois, le premier ministre italien, Giusseppe Conte, a promis 8,5 milliards de dollars pour compenser l’impact économique de Covid-19. Cependant, lundi, il a laissé entendre que le montant de la relance pourrait être beaucoup plus important.

« LVMH est également vulnérable avec des marques telles que Fendi & Pucci, qui risquent de connaître une baisse de fréquentation.» Mais si l’épidémie peut être maîtrisée d’ici la fin du mois, « les demandes de voyages et de shopping de luxe vont augmenter », et alimenter les ventes de produits de luxe pour le reste de l’année 2020, selon Roberts. 

A lire sur faunes et femmes magazine

La Fashion Week féminine fin septembre à Paris : virtuel ou présentiel, les deux camps s’affrontent


Sans défilé pour la première fois de son histoire mais avec de hautes ambitions artistiques, la semaine de la mode virtuelle a bravé avec créativité la dépression post-Covid-19. Elle a poussé les créateurs, privés de l’adrénaline des défilés, à captiver le public autrement.

La mode italienne la fashion week surmonte la crise du Covid-19 grâce au numérique


Les marques qui s’approvisionnent en Italie, mais qui fabriquent ailleurs, examineront les possibilités avec de nouveaux fournisseurs. Mais il s’agit d’un vrai défi, étant donné le contrôle de la qualité et la dépendance à l’égard des fournisseurs pour maintenir les normes des produits. Surtout si la marque s’appuie sur l’héritage et l’artisanat italiens

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.